Le colonel Assimi Goïta (au centre), le 22 août 2020 lors d’une réunion avec les officiers militaires maliens et une représentation de la Cedeao, peu après le coup d’Etat du 18 août à Bamako. ANNIE RISEMBERG / AFP

Le coup d’Etat contre le président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) le 18 mars août 2020 a replongé le Mali dans une zone de turbulence politique sur fond d’insurrections rurales et de violences persistantes. Cet événement a aussi alimenté l’espoir de changement dans un pays qui semblait paralyser par la corruption et la mauvaise gouvernance. Dès son arrivée au pouvoir, le conseil national pour le salut du peuple (CNSP) officiellement dissout, la junte militaire dirigée par de jeunes colonels qui a renversé IBK, a promis de lutter contre la corruption et de restaurer l’unité nationale. Le Mali souffre de graves problèmes structurels dont l’insécurité qui touche principalement les territoires ruraux. Cet énième coup d’Etat  n’est que l’une des conséquences les plus visibles. La transition ouverte pour une durée de  18 mois ne pouvait certes pas résoudre à elle seule l’ensemble des problèmes que rencontre le pays. Cependant, beaucoup de Maliens et de partenaires extérieurs espéraient sans doute qu’elle poserait les bases de véritables changements. En ce sens, les nouvelles autorités maliennes ont jusqu’ici déçu et la transition s’annonce comme une nouvelle occasion manquée. Avec la flambée des prix de produits de première nécessité, la donne a changé.  Dès son arrivée, les Maliens se sentent libres et  fiers. De nombreux événement ont  retenu l’attention en 2022 sur le plan politique, sécuritaire et de la gouvernance. Des grands évènements marqués depuis « la rectification » de la transition comme : Des sanctions de la CEDEAO, du rappel de l’ambassadeur de France  à l’attaque contre le camp militaire de Kati, entre autres.

Pourtant les autorités actuelles se glorifient que pendant leur temps, les Maliens  ont retrouvé leur souveraineté. Pourtant ils n’ont pas su améliorer de façon substantielle la situation sécuritaire ni rétablir la présence de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national. Enfin, même au niveau de la réforme de l’outil sécuritaire, des gestes forts restent attendus, comme la mise en place d’une base de données permettant la gestion informatisée des ressources humaines au sein de la force de défense et de sécurité que les partenaires internationaux réclament depuis des années. Des épisodes de violences armées dans les zones jusque-là plutôt épargnés, comme la région de Bougouni, au sud-est de Bamako.
Il reste beaucoup à faire pour soulager de Maliens qui ont manifesté lors du Mouvement du 05 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) et soutenu ce coup d’Etat contre le régime déçu.

Nonkon Bagayoko  

Source : Linformateur

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